CATÉGORIE 4 • SCOPE 3 (AMONT) ADEME : CATÉGORIE 3 GHG PROTOCOL • CSRD COMPLIANCE

Transport & Distribution Amont

La Catégorie 4 — Upstream Transportation and Distribution selon le GHG Protocol — quantifie les émissions de gaz à effet de serre liées au transport des biens achetés entre les fournisseurs et les sites de l'organisation (inbound logistics). Elle couvre tous les modes (routier, ferroviaire, maritime, fluvial, aérien) ainsi que les opérations de stockage et de manutention intermédiaires.

Qu'est-ce que la Catégorie 4 du Scope 3 ?

Selon le GHG Protocol Corporate Value Chain (Scope 3) Standard, la Catégorie 4 — Upstream Transportation and Distribution — regroupe les émissions de gaz à effet de serre générées par le transport et la distribution de produits achetés entre les fournisseurs de rang 1 (ou les points d'expédition) et les sites de l'organisation déclarante.

Cette catégorie inclut tous les modes de transport : routier (poids lourds, véhicules utilitaires), ferroviaire (fret électrique et diesel), maritime (porte-conteneurs, vraquiers, tankers), fluvial (barges, pousseurs) et aérien (fret aérien long-courrier et court-courrier). Elle inclut également le stockage intermédiaire (entrepôts, centres de distribution) et la manutention (chargement, déchargement, transbordement).

La distinction avec la Catégorie 9 (Transport aval) est cruciale : la Catégorie 4 couvre les flux entrants (supplier → organisation), tandis que la Catégorie 9 couvre les flux sortants (organisation → client). Les trajets entre sites de l'organisation (usine → entrepôt, site A → site B) relèvent généralement du Scope 1 si les véhicules appartiennent à l'entreprise, ou de la Catégorie 4 s'ils sont sous-traités à un transporteur tiers.

💡 À retenir

Le transport amont peut représenter 10 à 30 % des émissions du Scope 3 selon la géographie des approvisionnements. Pour une entreprise qui importe depuis l'Asie, le fret maritime ou aérien domine. Pour une entreprise qui s'approvisionne localement, le transport routier de dernier kilomètre est le poste principal. Le report modal (aérien → maritime, routier → ferroviaire) est le levier de décarbonation le plus efficace.

Périmètre et exemples concrets par mode de transport

Le périmètre de la Catégorie 4 couvre l'ensemble des opérations logistiques amont, depuis le quai de chargement du fournisseur jusqu'à la réception sur site. Voici une ventilation par mode de transport :

🚛 Transport routier

  • Poids lourds articulés (40t PTAC, semi-remorques)
  • Porteurs (26t PTAC, 8x4, 6x2)
  • Camions rigides avec hayon
  • Véhicules utilitaires légers (VUL, < 3,5t)
  • Frigorifiques (transport sous température dirigée)
  • Citerne (vrac liquide, gaz, poudres)

🚂 Transport ferroviaire

  • Trains complets (massif, vrac, conteneurs)
  • Wagons isolés et groupage
  • Autoroutes ferroviaires (camions sur trains)
  • Fret électrique (lignes caténarisées)
  • Fret diesel (lignes non électrifiées)
  • Terminaux de transbordement

🚢 Transport maritime & fluvial

  • Porte-conteneurs (Feeder, Panamax, Post-Panamax)
  • Vraquiers (minerals, céréales, charbon)
  • Tankers (pétrole brut, produits raffinés)
  • Ro-Ro (véhicules, fret roulant)
  • Barges fluviales (Rhin, Seine, Rhône, canaux)
  • Pousseurs et convois fluviaux

✈️ Transport aérien

  • Fret aérien long-courrier (Boeing 777F, MD-11F)
  • Fret aérien court-courrier (A300-600F, ATR)
  • Express et intégrateurs (FedEx, DHL, UPS)
  • Soute d'avions passagers (belly cargo)
  • Charters et affrètements
  • Poste aérienne et messagerie rapide

Méthodologie de calcul selon le GHG Protocol

Le GHG Protocol définit trois approches pour calculer les émissions de la Catégorie 4, avec une granularité croissante. La méthode distance-based (approche physique) est la plus couramment utilisée car elle combine des données facilement disponibles (masse, distance) avec des facteurs d'émission par mode.

1. Approche Distance-Based (Masse × Distance) Méthode standard

Formule : Émissions (kgCO2e) = Masse transportée (tonnes) × Distance (km) × Facteur d'émission (kgCO2e/t.km)

C'est la méthode de référence pour le transport de fret. La masse transportée est obtenue à partir des bons de livraison ou des connaissements (Bill of Lading pour le maritime, lettre de transport aérien — LTA, lettre de voiture CMR pour le routier). La distance est calculée entre le point d'origine et le point de destination. Les facteurs d'émission sont issus de l'ADEME Base Empreinte®, du GLEC Framework (Global Logistics Emissions Council) ou du DEFRA (Royaume-Uni). C'est la méthode recommandée pour le reporting CSDR.

⚠️ Limites : ne tient pas compte du taux de remplissage réel (un camion vide ou à moitié chargé a la même distance mais une intensité par tonne transportée très différente). Le facteur moyen suppose un taux de remplissage « typique » (85 % pour le routier, 70 % pour le maritime).

2. Approche Dépenses (Spend-Based) Screening rapide

Formule : Émissions (kgCO2e) = Dépense de transport (€ HT) × Facteur d'émission monétaire (kgCO2e/€)

Utilisée lorsqu'on ne dispose pas des données de masse et de distance, cette méthode applique un facteur d'émission à chaque euro dépensé en transport. L'ADEME propose un facteur de 1,42 kgCO2e/€ pour le transport routier de marchandises et de 1,05 kgCO2e/€ pour le transport maritime. Cette approche est utile pour un premier screening rapide mais ne permet pas de piloter la décarbonation (un transporteur plus cher mais plus vert sera pénalisé par le calcul).

⚠️ Limites : incertitude élevée (±40 %), sensible aux variations de prix du transport (saisonnalité, prix du carburant). À éviter pour le reporting CSRD.

3. Approche Transporteur (Carrier-Specific) Gold Standard CSRD

Principe : Collecte des données réelles de consommation de carburant (ou d'électricité) auprès des transporteurs pour chaque trajet ou pour la flotte annuelle. Les transporteurs déclarent leurs émissions selon la norme EN 16258 (Méthode de calcul et de déclaration des émissions de GES dans le transport de fret et de passagers) ou le GLEC Framework.

C'est la seule méthode qui prend en compte le taux de remplissage réel, le type de véhicule (norme Euro, motorisation), le carburant (B7, B10, HVO, GNL, électrique) et les conditions d'exploitation (topographie, congestion, température dirigée). Elle est exigée par la CSRD pour les flux de transport significatifs.

⚠️ Limites : dépend de la maturité des transporteurs. Beaucoup de PME du transport ne disposent pas encore de données de consommation par trajet. Un déploiement progressif (année 1 : 20 % des transporteurs, année 2 : 50 %, année 3 : 80 %) est acceptable selon le GHG Protocol.

Cas pratique : import de composants électroniques de Shenzhen à Lyon

Une entreprise lyonnaise importe des composants électroniques depuis Shenzhen (Chine). Le volume est de 5 tonnes par trimestre, soit 20 tonnes par an. Actuellement, l'expédition se fait par fret aérien (10 jours de transit). L'entreprise souhaite comparer l'empreinte carbone des deux options : aérien vs maritime, pour éclairer sa décision de report modal.

Itinéraire aérien : Shenzhen Bao'an (SZX) → Roissy CDG (9 400 km), puis route CDG → Lyon (450 km).
Itinéraire maritime : Shenzhen Yantian → Port de Marseille-Fos (18 500 km), puis route Marseille → Lyon (320 km).

Moyen de transport Masse (t) Distance (km) FE (kgCO2e/t.km) Émissions (tCO2e)
Scénario Aérien
Fret aérien long-courrier (SZX→CDG) 20 9 400 0,650 122,2
Camion FR (CDG→Lyon) 20 450 0,089 0,8
Total Aérien 20 9 850 123,0
Scénario Maritime
Porte-conteneurs (Yantian→Marseille) 20 18 500 0,014 5,2
Camion FR (Marseille→Lyon) 20 320 0,089 0,6
Total Maritime 20 18 820 5,8

Résultat : 123 tCO2e/an par avion contre 5,8 tCO2e/an par bateau. Le fret aérien émet 21 fois plus que le fret maritime pour cette liaison, malgré une distance deux fois plus courte. Le différentiel est colossal : le facteur d'émission du fret aérien (0,650 kgCO2e/t.km) est 46 fois plus élevé que celui du porte-conteneurs maritime (0,014 kgCO2e/t.km).

🎯 Prochaines étapes recommandées :

  1. Report modal immédiat : basculer les expéditions non urgentes vers le maritime (délai : 35 jours vs 10 jours par avion). Réserver l'aérien aux urgences réelles (moins de 20 % du volume).
  2. Négocier avec le transitaire : demander un facteur d'émission spécifique (carrier-specific) pour affiner le calcul et intégrer un critère carbone dans le contrat.
  3. Optimiser le pré- et post-acheminement : remplacer le camion CDG→Lyon par le fret ferroviaire (0,025 kgCO2e/t.km) pour gagner encore 0,8 tCO2e/an.

Facteurs d'émission de référence (ADEME Base Empreinte® 2026)

Voici les facteurs d'émission pour le transport de fret par mode, incluant les variations selon le type de véhicule/navire, le taux de remplissage et le type de carburant. Le référentiel complet est disponible dans le guide principal.

Mode de transport Type / Spécificité Facteur (kgCO2e/t.km) Remplissage
🚛 Transport routier
Poids lourd articulé (40t, 26t charge utile)PL0,08985 %
Poids lourd articulé — remplissage 50 %Faible0,15250 %
Poids lourd articulé — remplissage 100 %Optimal0,076100 %
Porteur seul (26t, 12t charge utile)PL0,09880 %
Camion frigorifique (40t)FRIGO0,12080 %
Véhicule utilitaire léger (< 3,5t)VUL0,34050 %
🚂 Transport ferroviaire
Train électrique (France, mix BT)Électrique0,02590 %
Train diesel (lignes non électrifiées)Diesel0,03985 %
🚢 Transport maritime & fluvial
Porte-conteneurs (Post-Panamax, > 8 000 EVP)Conteneur0,01470 %
Porte-conteneurs feeder (500-2 000 EVP)Conteneur0,02565 %
Vraquier (Capesize, 150 000 tpl)Vrac0,00585 %
Barge fluviale (Rhin, 2 000 t)Fluvial0,03180 %
✈️ Transport aérien
Fret aérien long-courrier (> 3 700 km)Long0,65070 %
Fret aérien court-courrier (< 1 500 km)Court0,95065 %
Express / Intégrateur (DHL, FedEx)Express1,20050 %

Sources : ADEME Base Empreinte® v2026.03, GLEC Framework v3.0, DEFRA 2026, Ecoinvent 3.9. Facteurs incluant les émissions Well-to-Wheel (WTT + combustion). Dernière mise à jour : juillet 2026.

Pièges fréquents et erreurs à éviter

Le calcul des émissions du transport amont comporte des pièges méthodologiques spécifiques à la logistique. Voici les cinq erreurs les plus courantes :

🛑 Erreur n°1 : Ignorer le pré- et post-acheminement

Beaucoup d'organisations calculent les émissions du seul « grand trajet » international (ex : Shenzhen → Marseille par bateau) et oublient le pré-acheminement (usine → port de départ) et le post-acheminement (port d'arrivée → site). Or, ces trajets terrestres (souvent en camion) peuvent ajouter 10 à 30 % aux émissions totales du transport amont. Un calcul complet doit inclure l'intégralité du trajet porte-à-porte.

⚠️ Erreur n°2 : Utiliser des facteurs à vide (taux de remplissage par défaut)

Les facteurs d'émission moyens du transport routier supposent un taux de remplissage de 85 %. Mais en réalité, de nombreux trajets ont un taux de remplissage bien inférieur (30 à 50 % pour les retours à vide). Utiliser systématiquement le facteur « 85 % » sous-estime les émissions réelles de 20 à 40 %. Privilégiez les données réelles de remplissage fournies par le transporteur dès que possible.

⚠️ Erreur n°3 : Négliger le fret express et la messagerie

Les envois en express (DHL, FedEx, UPS, Chronopost) sont souvent oubliés car ils sont gérés décentralisé par les équipes (achats, marketing, ADV). Pourtant, le facteur d'émission de l'express est 2 à 3 fois plus élevé que le fret aérien standard (0,950 à 1,200 kgCO2e/t.km), en raison des petits volumes et des tournées de distribution. Un audit de la Catégorie 4 doit systématiquement interroger tous les services sur leurs envois express et postaux.

🔶 Erreur n°4 : Confondre distance orthodromique et distance réelle

La distance orthodromique (ligne droite) sous-estime la distance réelle de 5 à 15 % pour le routier (sinuosité des routes) et de 3 à 8 % pour le maritime (détours côtiers, canaux, zones d'attente). Utilisez toujours des distances réelles (calcul itinéraire routier, distance maritime réelle via les grands passages : Suez, Panama, Cap de Bonne-Espérance). Des outils comme le Port Mileage Calculator ou les API de calcul routier sont disponibles.

🔶 Erreur n°5 : Double compter le transport avec la Catégorie 1 ou 9

Certains fournisseurs incluent le transport dans le prix du produit (Incoterms DDP, CIP). Dans ce cas, les émissions du transport sont déjà intégrées dans le facteur d'émission monétaire ou physique de la Catégorie 1. Il faut éviter de les compter à nouveau en Catégorie 4. La règle : si le coût du transport est inclus dans le prix d'achat et que vous utilisez la méthode monétaire pour la Catégorie 1, excluez le transport de la Catégorie 4. Si vous utilisez l'approche physique (masse × distance), comptez-le en Catégorie 4.

Stratégies de réduction : les 4 leviers prioritaires

La décarbonation du transport amont est l'un des chantiers les plus rapidement actionnables, avec des résultats visibles en moins d'un an. Voici les quatre leviers, classés par impact décroissant :

1

Report modal

Levier le plus puissant : remplacer le mode le plus émetteur (aérien, routier) par un mode moins carboné (maritime, ferroviaire, fluvial). Le report de l'aérien vers le maritime divise les émissions par 20 à 50. Le report du routier vers le ferroviaire les divise par 3 à 4. L'objectif doit être de réduire la part des modes les plus émetteurs à moins de 10 % du total des tonnes-kilomètres.

Attention au délai : le maritime prend 3 à 5 semaines contre 3 à 10 jours pour l'aérien. Le report modal nécessite une réorganisation de la supply chain (gestion des stocks, prévisions, saisonnalité).

2

Optimisation des chargements et mutualisation

Augmenter le taux de remplissage des véhicules réduit les émissions par unité transportée de façon proportionnelle. La mutualisation des flux entre plusieurs donneurs d'ordre (groupage, cross-docking) et l'optimisation des tournées (logique de « milk run ») permettent de passer d'un taux de remplissage de 50 % à 90 %. C'est un levier à coût nul ou négatif : un camion plein coûte moins cher par tonne transportée.

3

Relocalisation et circuits courts

Rapprocher les fournisseurs des sites de production réduit mécaniquement les distances parcourues et ouvre la voie à des modes moins carbonés (routier régional plutôt que maritime ou aérien intercontinental). La relocalisation peut réduire les émissions de la Catégorie 4 de 40 à 70 % tout en améliorant la résilience de la supply chain (moins de risques géopolitiques, moins de dépendance aux conteneurs, délais réduits).

4

Verdissement des flottes et carburants alternatifs

Lorsque le report modal n'est pas possible, l'utilisation de véhicules moins émetteurs est le levier complémentaire : camions électriques ou hydrogène pour les courtes distances, HVO (huile végétale hydrotraitée) ou GNL pour le long-courrier, navires au GNL ou au méthanol vert, carburants durables d'aviation (SAF) pour le fret aérien. L'impact est variable : -20 % pour le HVO, -50 à -80 % pour l'électrique (selon le mix électrique), -30 % pour le GNL maritime.

Réglementation applicable : CSRD, BEGES et Pacte Vert

Le transport amont est encadré par plusieurs réglementations européennes et françaises qui imposent transparence et réduction :

🇪🇺 CSRD — ESRS E1-6

La CSRD exige la publication des émissions de la Catégorie 4 avec une ventilation par mode de transport. Les entreprises doivent décrire leur stratégie de décarbonation logistique et les progrès réalisés en matière de report modal. La norme ESRS E1-6 impose également l'évaluation des risques physiques et de transition liés à la chaîne logistique (dépendance aux énergies fossiles, vulnérabilité climatique des routes maritimes).

🇫🇷 BEGES — Catégorie 6 ADEME

Le BEGES français impose la déclaration des émissions de la Catégorie 6 ADEME (transport amont des biens achetés). La réglementation exige une actualisation tous les 3 à 4 ans et la publication d'un plan de transition. La loi Climat et Résilience (2021) renforce ces obligations pour les acteurs de la logistique.

🌍 Pacte Vert — Fit for 55 & ETS Maritime

Le paquet « Fit for 55 » de l'UE inclut le transport maritime dans le système d'échange de quotas d'émission (EU ETS) depuis 2024, avec une montée en charge progressive (100 % des émissions intra-UE en 2027). Le règlement FuelEU Maritime impose une réduction de 2 % de l'intensité carbone des carburants maritimes dès 2025, et de 80 % d'ici 2050. Ces réglementations impactent directement le coût et l'empreinte du transport maritime.

Questions fréquentes sur la Catégorie 4

Faut-il inclure le transport des matières premières dans la Catégorie 4 ou la Catégorie 1 ?

Le transport des matières premières fait partie de la Catégorie 4 si vous l'achetez séparément (facture de transport distincte). Si le transport est inclus dans le prix d'achat du produit (Incoterm DAP, DDP), l'approche monétaire de la Catégorie 1 l'intègre automatiquement via le facteur d'émission monétaire. Dans ce cas, ne le recomptez pas en Catégorie 4 pour éviter le double comptage. La règle d'or : une émission n'est comptée qu'une seule fois dans le Scope 3.

Comment traiter les entrepôts et centres de distribution dans la Catégorie 4 ?

Les émissions liées au fonctionnement des entrepôts (électricité, gaz, réfrigération) relèvent du Scope 1 et 2, pas de la Catégorie 4. Seules les émissions de manutention liées au transport (chargement, déchargement, transbordement) sont incluses en Catégorie 4. Si vous externalisez le stockage, demandez à votre prestataire logistique les données de consommation énergétique des bâtiments utilisés pour vos produits (Scope 1 + 2 du prestataire = Catégorie 4 ou 8 du donneur d'ordre, selon la localisation dans la chaîne).

Le facteur d'émission du fret aérien inclut-il l'effet de forçage radiatif ?

Non, les facteurs standards (0,650 kgCO2e/t.km) n'incluent que les émissions de CO2, pas l'effet de forçage radiatif des traînées de condensation (contrails) et des oxydes d'azote (NOx) émis à haute altitude. L'effet total de l'aviation est estimé à 2 à 4 fois le seul CO2 (facteur RFF — Radiative Forcing Factor ou RFI — Radiative Forcing Index de 2,7 selon le GIEC). Certains référentiels (ADEME, DEFRA) proposent un facteur incluant l'effet de forçage : compter environ 1,76 kgCO2e/t.km pour le fret aérien avec RFI. Précisez dans votre rapport si vous incluez ou non le forçage radiatif.

Comment calculer les émissions d'un transport multimodal ?

Un transport multimodal (ex : conteneur qui fait route + fer + mer) doit être calculé en additionnant les émissions de chaque segment, calculées individuellement avec la formule Masse × Distance × Facteur du mode correspondant. Le GHG Protocol fournit des formulaires spécifiques pour le transport multimodal. L'essentiel est de conserver la traçabilité des ruptures de charge : chaque segment a son propre mode, sa propre distance et son propre facteur d'émission. Les plateformes logistiques modernes (TMS — Transport Management System) intègrent de plus en plus cette fonctionnalité.

Maîtrisez l'ensemble de votre Scope 3

Accédez au guide complet avec les 15 catégories, le simulateur de calcul, et le référentiel de 150+ facteurs d'émission.

🎯 Calculer mon Scope 3 maintenant

Ou consultez le tableau détaillé des 150+ facteurs d'émission dans le guide principal.

SOUVERAINETE - EXPERTISE VERIFIE PAR EXPERTS CERTIFIES

L'Expertise du Guide

Ce guide est maintenu par Thomas-Alexis Cailleau et s'appuie sur les normes officielles SBTi, GHG Protocol et ADEME Base Empreinte 2026.